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Le blog de Doberman33
Réaction PIB américain du troisième trimestre 2009
Les Etats-Unis sont donc sortit de leur plus longue récession depuis les années 30. La croissance du PIB américain est de 3,5 % en rythme annuel sur le trimestre, contre 3,2/3,3 % attendu par le consensus. Le chiffre est proche des attentes, mais une lecture plus détaillée entretient l’optimisme sur les perspectives de croissance au quatrième trimestre.
• La réduction des stocks est moins violente sur le troisième trimestre qu’au trimestre précédent (- 130,8 Mds $ contre – 160,2 Mds $). Ces derniers expliquent donc 0,9 points de croissance sur les 3,5 % totaux. Mais il s’agit encore d’un mouvement violent de réduction des stocks. Le déstockage involontaire du secteur automobile explique sûrement en grande partie ce mouvement. Les ratios stocks sur ventes reculant, un « effet stocks » positif est fortement probable en fin d’année (un arrêt du déstockage représenterait 5 points de croissance supplémentaires !). La « reprise technique », liée à une reconstitution des stocks, n’est donc pas encore visible. Les estimations de croissance sur le Q4 2009 et éventuellement Q1 2010 seront revues à la hausse « toutes choses égales par ailleurs ». Une forte rechute de la croissance est donc peu probable à court terme.
• Effet prime à la casse oblige, le secteur automobile explique 1,7 point de la croissance totale du PIB, soit près de la moitié. De fait, la consommation progresse de 3,4 %, un peu au-dessus des attentes du consensus. La consommation de biens durables progresse de 22,3 % sur le trimestre. Elle sera en net recul sur la fin d’année. Toutefois, malgré cet « effet automobile », les autres composantes des dépenses des ménages accélèrent (pas d’effet de substitution). Les achats de biens non durables progressent de 2 % (contre – 1,9 %) et la consommation de services de 1,2 % (contre 0,2 %). Alors que le revenu disponible des ménages baisse de 0,7 % sur le trimestre, le taux d’épargne recule (de 4,9 % à 3,3 %). Contribuant positivement à la croissance (2,4 points), la consommation sera nettement moins dynamique au quatrième trimestre (de l’ordre de 1 à 1,5 %). Toutefois, nous n’anticipons pas de rechute violente de la consommation. Le traitement social du chômage (période d’indemnisation prolongée) et les différentes aides de l’Etat fédéral limitent ce risque.
• Profitant du crédit d’impôt consenti aux primo-accédants, l’investissement immobilier résidentiel rebondit nettement (+ 23,4 %). Le vote prochain de l’extension dans la durée et du nombre de personnes éligibles à ce crédit d’impôt permet d’être optimiste à court terme sur cette composante du PIB. Toutefois, sa croissance sera moins forte au prochain trimestre.
• Les dépenses fédérales contribuent positivement à la croissance. Elles sont en hausse de 7,9 % (après 11,4 %). Les dépenses militaires sont les plus dynamiques (+ 8,4 %). Hors dépenses militaires, elles progressent de 6,8 % permettant de compenser la chute des dépenses des Etats fédéraux et collectivités locales (- 1,1 %). Ce poste de la demande restera en forte hausse sur la fin d’année.
• Le déficit des échanges extérieurs se creuse avec commerce le regain de dynamisme de la demande domestique. Les échanges extérieurs nets retranchent 0,6 point de croissance sur le trimestre.
• L’investissement des entreprises baisse encore (- 2,5 % contre – 4,9 % et – 36,4 % aux premier et deuxième trimestres). Il retranche 0,3 point de PIB. Ce chiffre permet d’anticiper une stabilisation de l’investissement des entreprises sur la fin d’année. L’investissement IT est en hausse et contribue positivement à la croissance à hauteur de 0,3 point PIB. Ce mouvement devrait s’accentuer sur la fin d’année. L’investissement dans les bâtiments et dans l’immobilier commercial est encore en fort recul (et retranche 0,3 point de croissance).
• Le déflateur de la consommation est de 2,8 % contre 1,5 % au second trimestre. Mais, le noyau dur de cet indice des prix est de seulement 0,8 % contre un « objectif de moyen terme » du Fed de 2 %. Le risque inflationniste reste donc faible dans l’économie et justifiera une normalisation très progressive de la politique monétaire malgré ce fort rebond de la croissance du troisième trimestre.
Au total, pour résumer, suite à cette publication du PIB, nous pouvons réviser à la hausse la croissance du Q4 (effet stocks plus fort), les risques de violent recul du PIB peuvent être minorés. La consommation et l’investissement immobilier des ménages seront moins dynamiques, mais les « effet stocks », une stabilisation de l’investissement des entreprises et des dépenses fédérales encore en forte croissance permet d’anticiper une croissance entre 2,5 et 3 % en rythme annuel.
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